
Cet article est la deuxième partie d’une série de deux écrits. Le premier, intitulé « Tu es un permis de conduire : le principe« , explique comment la façon dont nous obtenons notre permis de conduire en Occident s’aligne exactement sur la façon dont nous traitons nos relations.
Il est indispensable de le lire avant de découvrir celui-ci afin de bien cerner la logique.
Pour revenir au permis de conduire occidental, il faut comprendre que lorsque l’on l’a, on se doit d’avoir une conduite prudente. Il est bel et bien réversible. Le code de la route dont l’apprentissage et la réussite aux tests théorique et pratique nous ont donné le permis de conduire s’applique encore plus que jamais. En effet, la violation des règles telles que la limite de vitesse, le panneau STOP, l’utilisation du téléphone au volant, et toute autre forme de conduite dangereuse vous exposent à des points d’inaptitude. Ces derniers peuvent aller jusqu’au retrait temporaire ou définitif du permis régulier.
Vous serez surpris de constater que là encore, les relations humaines suivent le même principe.
Lorsqu’une personne réussit à passer tous vos tests et s’affirme comme une personne digne de confiance, vous lui accordez tous les privilèges. Et la suite dépend de ce qui est important pour vous : la vérité, la fidélité, les sorties, l’humour, le sexe, les projets, l’argent, etc.
L’équation est toute simple à ce niveau :
¬ pour une personne qui prise la vérité, à chaque mensonge ou situation qui s’y apparente, vous perdez des points.
¬ pour une personne qui valorise la fidélité, à chaque infidélité ou situation similaire, vous perdez des points.
¬ pour une personne qui affectionne les sorties, chaque fois que vous la gardez un peu trop à la maison, vous l’empêchez de sortir ou faites une crise lorsqu’elle sort, vous perdez des points.
¬ pour une personne qui adore l’humour, chaque fois que vous vous montrez un peu trop sérieux ou que vous manquez de la faire rire, vous perdez des points.
¬ pour une personne qui a un appétit sexuel développé, chaque fois que vous prétextez la fatigue pour l’éviter ou que vous remettez continuellement au lendemain, vous perdez des points.
¬ pour une personne qui est prête à faire des projets d’avenir avec vous, chaque fois que vous limitez la relation au quotidien ou que vous manquez de lui démontrer que vous la voulez dans un futur proche, vous perdez des points.
¬ pour une personne qui aime l’argent, chaque fois que vous ne lui en donnez pas, pour un oui ou pour un non, vous perdez des points.
Par ailleurs, la capacité ou même l’éventualité de regagner des points perdus varie d’une personne à une autre.
Similaire au permis de conduire, quand vous avez perdu tous vos points, il ne vous est plus loisible de voir l’autre. La relation est rompue. Cette rupture peut être temporaire — la pause : on vous évite un moment, le temps que vous compreniez les attentes de l’autre et que vous vous ressaisissiez. Sinon, elle peut être définitive — la fin : on arrête de vous voir au profit d’une autre personne qui comprend mieux les attentes et est « prête ».
Lorsque vous appréhendez la vie sous ce concept de points à perdre ou à gagner, nécessairement, vous traitez autrement les gens.
En effet, vous faites tout pour gagner des points auprès des gens que vous voulez garder dans votre vie. Et, parallèlement, vous ne vous préoccupez pas trop d’en gagner ou d’en perdre auprès des gens à qui vous êtes indifférents. Peut-être même, plus machiavélique, vous faites tout ce qui est en votre pouvoir pour perdre les points auprès des gens que vous ne voulez plus dans votre vie.
Inversement, comprendre ce système de pointage humain vous permet clairement de savoir qui vous veut dans sa vie, qui est prêt à faire des efforts pour vous garder dans sa vie et qui n’en a cure que vous soyez là ou pas.
Nul besoin de vous conseiller qu’à moins d’une situation exceptionnelle, trimez pour gagner des points là où vous êtes désiré et baissez les bras là où votre valeur n’est pas reconnue ou appréciée.
M. Z.

