phobie2

LA CRAINTE D’ÊTRE OUBLIÉ

Dans mes coachings en psychologie positive, plusieurs clients abordent la question des phobies. Le fait d’affronter ces phobies de face leur donne du courage et les outille à affronter d’autres situations.

Toutefois, quand nous demandons aux gens quelles sont leurs plus grosses craintes ? Il nous revient comme réponses la peur de l’inconnu, du noir, la peur des hauteurs, de l’avion, de la mort, la peur d’être pauvre, de perdre ses parents, d’échouer (dans la vie), la peur de ne pas vivre suffisamment longtemps pour voir ses enfants grandir, etc. Il y a pratiquement autant de peurs que d’individus sur la planète. Et, de façon globale, les phobies vont de situations très critiques comme la cynophobie ou la peur des chiens aux situations banales comme la peur des bananes.

Cependant, il est une des peurs les plus subtiles, les plus insoupçonnées et les plus nuisibles. Plusieurs personnes en souffrent sans même le réaliser et parfois, sans même savoir qu’une telle phobie existe. Et pourtant, c’est elle qui façonne nos réactions les plus triviales. Il s’agit de la crainte d’être oublié.

La crainte d’être oublié se manifeste sous plusieurs formes :
– dans votre travail, c’est elle qui fait que vous vous sentez mal quand votre superviseur confie à un collègue un travail que vous auriez pu faire convenablement et pour lequel vous aviez le temps, l’énergie, l’envie et la compétence.
– en amitié, c’est elle qui fait que vous en voulez à votre amie quand elle choisit de demander à une autre amie de l’accompagner faire des courses or vous étiez à la maison sans grande occupation.
– en amour, c’est cette phobie qui fait que vous vivez mal que votre partenaire ne vous écrive ni le matin au réveil ni le soir avant de dormir or elle était en ligne tout ce temps.

À bien y penser, la crainte d’être oublié surpasse et supplante la jalousie. Cette dernière est définie comme un sentiment fondé sur le désir de posséder la personne aimée et sur la crainte de la perdre au profit d’un rival. C’est dire que la peur d’être remplacé est le soubassement de toute jalousie.

En d’autres termes, si l’on est jaloux en amour, ce n’est pas seulement le seul fait d’apprendre ou de constater qu’un autre jouit d’un avantage qu’on ne possède pas ou qu’on désirerait posséder seul. Cela va encore plus loin : c’est la phobie d’être oublié puis remplacé car ces privilèges sont désormais accordés à un autre pour le futur, vous plaçant dans une position de passé.

La nature humaine est telle que, la seule fois que l’on affectionne être relégué au passé, c’est lorsque nous l’avons souhaité nous-mêmes. Lorsque l’on est confiné au passé par une force majeure, c’est-à-dire une situation qui s’impose à nous, on le vit avec oblativité, fair-play et abnégation. On n’a d’ailleurs pas le choix. Or, quand cela nous est imposé par un autre, c’est très difficile à vivre.

Tous les psychologues s’accordent à reconnaître que la meilleure façon d’affronter nos phobies, c’est de leur faire face. Heureusement, la crainte d’être oublié n’échappe pas à cette règle : pour combattre la peur d’être oublié, il faut s’exposer à l’oubli. En d’autres termes, il est conseillé de ne pas toujours être celui qui emmène les autres à se rappeler de votre existence ni poser des actes qui vous mettent au centre de la scène. Si vous êtes la personne qui envoie le plus de messages du réveil à la nuit et votre partenaire est uniquement « dans la réponse », il va falloir limiter un peu votre présence et laisser l’autre penser à vous.

Cette exposition, comme dans toute solution, comporte des risques. Si, en vous exposant à l’oubli, l’autre remarque votre absence et reconsidère les choses, vous gagnez la possibilité de vivre une relation un peu plus équitable où règne une forme de réciprocité dans l’amour et dans l’attention.

Si, a contrario, vous finissez effectivement oublié, vous découvririez que vous n’étiez pas à la bonne place et que, durant tout ce temps, vous meniez la relation par votre « insistance ». Et donc, permettez-moi de vous dire ceci : vous êtes riche, vous avez des atouts à faire valoir et, pas très loin de vous, il y a un être qui n’attend que votre accord pour justement vivre avec vous une relation équitable où règne la réciprocité. Ainsi, la peur d’être oublié vous aura-t-elle fait découvrir le vrai amour.

M. Z.

Tags: No tags

One Response

Répondre à Astrid Pouncy Annuler la réponse

Your email address will not be published. Required fields are marked *