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MÈRES CÉLIBATAIRES : CINQ (5) DÉFIS

Il y a encore quelques années de cela, les femmes et les hommes se mariaient pour le rester. Et quand, dans ce contexte, un ou des enfants venaient à naître, ceux-ci constituaient le ciment sur lequel était bâtie la relation. Cette dernière devait tenir le coup envers et contre tout.

Aujourd’hui, force est de constater que l’attachement à la vie de couple diminue de plus en plus. Les enfants ne sont plus ce socle sur lequel il faut bâtir la famille. Les personnes se lient et se délient ; les couples se font et de défont. Selon les statistiques canadiennes, en 2016, les mères représentent 75,1 % des parents responsables de familles monoparentales tandis que la proportion de pères monoparentaux est de 24,9 %. Cette différence est frappante et nécessite qu’on se penche en profondeur sur le sujet des familles monoparentales et plus spécifiquement, des mères célibataires.

Si certaines femmes le décident ou se retrouvent mères célibataires après avoir piégé un homme, il faut reconnaître que ce n’est pas toujours un choix. Cette situation semble s’imposer à certaines. Les raisons potentielles sont plurielles : une femme innocente désabusée et/ou droguée, un homme irresponsable qui fuit ses responsabilités, une erreur de jeunesse, une partie d’intimité occasionnelle qui a porté fruits, un enfant indésirable par la famille de tel ou telle, une jeune femme veuve, etc.

Dans tous les cas et en considération de tous les scénarios possibles, toutes les mères célibataires vivent des réalités assez similaires :

Le poids qui repose sur elles : il pèse sur ces femmes d’assumer, seules, l’entièreté des charges qui touchent à la famille, à la maison, à l’enfant, à ses dépenses et à celles de l’enfant ou des enfants. Quand un emploi consistant et une certaine stabilité financière leur permettent de gérer tout cela avec aisance, elle peuvent regarder ailleurs. Mais lorsqu’une forme de précarité s’installe, la mère célibataire est déstabilisée et vit continuellement un stress qui peut dépeindre sur sa vie, ses enfants et son entourage social.

Le manque d’une épaule : la vie n’est pas toujours très complaisante et clémente. Certains moments sont vraiment durs et nous imposent d’avoir une épaule sur laquelle pleurer. Dans ces moments-là, on a juste besoin d’une personne pour nous dire « T’inquiète, ça va aller. Tu es forte! » . Ces femmes fortes dont nous parlons aujourd’hui n’ont pas ce privilège. Elles n’ont que leur lit pour absorber leurs larmes et elles se doivent de paraître fortes et dures pour leurs enfants. Dans le meilleur des cas, elles ont un ami franc et sincère, qui ne les juge pas, avec lequel elles peuvent partager ces moments de profond désarroi. Un câlin, une épaule et une oreille attentive sont parfois tout ce dont on a besoin.

L’éducation de l’enfant : c’est peut-être le plus gros défi de ces femmes. Le rôle d’une mère n’est plus à démontrer. C’est tellement important que perdre une maman revient à tout perdre. L’éducation des enfants, en soi, n’est pas une tâche aisée. Et cette éducation, en l’absence d’un père, est une corvée laborieusement décuplée. Décider de quoi dire, quoi ne pas dire, quoi faire, quoi ne pas faire, quoi donner, quoi ne pas donner, quoi proposer à l’enfant, quoi ne pas proposer, quoi permettre, quoi ne pas permettre, etc. La journée d’une mère célibataire compte définitivement plus que 24h. Elle tient à la fois le rôle de père et de mère pour ses enfants.

Le regard de la famille : c’est peut-être un problème plus africain qu’occidental. Même si, avec l’exode rural, la démocratisation et la fuite des cerveaux, les individus sont amenés à vivre de plus en plus loin de leurs cellules familiales d’origine, il n’empêche que le poids de la famille demeure persistant. Telle femme qui vit en Occident a toujours les yeux de sa famille sur elle. Telle autre qui vit en Afrique se voit toujours jugée par les proches quand elle les croise.

Le regard de la société : la société est cette entité condamnatrice silencieuse. Elle ne parle presque pas mais communique uniquement à travers le regard de ses membres. Nos sociétés, quoiqu’avec de plus en plus de mères célibataires, les culpabilisent et sont rarement enclines à savoir les origines de telle ou telle autre situation. La société se limite à observer puis condamner. Le poids de la société est celui qui pèse le plus, dépendamment du milieu de vie : en Occident, ton cercle d’amis constitue ta famille car c’est toi qui décides de qui est proche et qui ne l’est pas ; en Afrique, la société s’impose à toi et tout le monde parle, souvent mal, de tout le monde. Aucun filtre.

Voilà, exposés, des défis auxquels sont confrontés des mères célibataires qui sont autour de nous et nous côtoient mais qui souvent, n’ont pas l’aisance d’en parler. Il sera prochainement question de voir dans quelle mesure des pistes de solutions pourraient les aider à mieux vivre dans nos sociétés.

M. Z.

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