IADV010

TOUTE VÉRITÉ EST-ELLE BONNE À DIRE?

Voilà présentées, des phrases qui sont autant dures à prononcer qu’à entendre. Si nous vivions dans un monde idéal où tous les êtres humains étaient transparents, fidèles et peu soucieux, ces scénarios seraient monnaie courante. Toutefois, pour telle ou telle autre raison, il arrive que l’on manque de dire la vérité ou toute la vérité à nos proches. Certains le font pour ne pas blesser l’autre, d’autres, parce qu’ils n’ont pas les bons mots et d’autres encore, parce qu’ils ont peur de briser la confiance en eux placée. D’où l’intérêt de la question : toute vérité est-elle bonne à dire?

D’office, nous dirions que toute vérité n’est pas bonne à dire car le mensonge et la dissimulation ont aussi leurs vertus. Il n’est pas faux de dire également que certaines vérités nous attirent plus d’ennuis qu’autre chose. Lorsqu’on choisit de dire la vérité, pourquoi a-t-on peur? Pourquoi brisons-nous des relations? Pourquoi perdons-nous des êtres chers? Pourquoi les gens préfèrent-ils (être avec) des gens qui leur mentent?

La réalité est que l’Homme a continuellement besoin d’assurance, de réconfort, de confort et de paix intérieure. Nos réactions et nos pensées ne peuvent pas toujours et sans équivoque être en adéquation avec nos valeurs et nos engagements. C’est dans cette logique qu’on en vient à faire des faux pas qui pourraient offenser notre prochain. Lorsque cela se produit, est-on tenus de faire de la peine à nos proches en le leur disant?

Considérant le scénario 3, quelle est l’utilité d’informer son partenaire de cela à moins de vouloir rompre l’union ou causer du tort à l’autre?

Quant au scénario 2, n’est-il pas plus sage de dissimuler la nouvelle car, en informer le mourant reviendrait à précipiter sa mort? Et si, face à une telle affirmation, la mère décidait d’écourter son séjour sur Terre de deux mois à deux jours? Tout le monde en souffrirait. Sans nul doute!

Les raisons pour lesquelles toute vérité n’est pas bonne à dire sont nombreuses. Cependant, si vous optez pour la vérité partout et toujours, vous devez garder cinq critères en tête : l’utilité, l’opportunité, la totalité, les mots et les retombées.

  • La vérité que je voudrais révéler, est-elle utile à mon interlocuteur ou à mon public? Si l’information va les aider à avancer dans la vie, alors oui, cette vérité est bonne à dire. Dans le scénario 1, si cette franchise doit engendrer la rupture du mariage et donc libérer les deux partenaires, alors ce critère est rempli et la vérité est bénéfique.

  • La vérité qui me pèse est-elle opportune? Autrement dit, arrive-t-elle au bon moment et dans les bonnes conditions? Il faudrait s’assurer que l’autre est dans les meilleures dispositions physiques et mentales pour accepter l’information que nous allons passer.

  • Suis-je prêt à dire la vérité et toute la vérité? En effet, il ne sert à rien de révéler une vérité partielle laissant l’autre sur sa soif puis s’exposant, par la même occasion, à une prochaine foudre quand l’autre bout de vérité sera découvert. Se référant au scénario 3, imaginez si la conjointe devrait apprendre plus tard qu’en plus de cela, des enfants sont nés de cette union. La catastrophe!

  • Est-ce que je dispose des bons mots pour exprimer de façon claire, sans ambiguïté et sans discourir, la vérité? Une vérité cachée, c’est une chose. Mais une vérité mal exprimée et donc, laissant place à l’interprétation et la confusion, c’est autre chose.

  • Et, au demeurant, suis-je prêt à assumer les conséquences de la vérité que je vais révéler? C’est la partie du film qui dérange car, on a beau tout envisager, nous avons affaire à l’être humain dans toute sa complexité, sa particularité, son imprévisibilité et son inconstance. Dans le scénario 4, la dame s’est libérée mais le monsieur peut choisir de divorcer, d’accepter cette famille qui lui est étrangère, de se suicider ou même de tuer ces enfants, etc. Il pourrait piquer une crise cardiaque en apprenant cette nouvelle. Sa santé mentale en serait atteinte à jamais. Les conséquences sont plurielles. Dans tous les cas, la dame devra les assumer. Après coup, elle n’hésitera pas à se demander, comme nous, si toute vérité est bonne à dire.

 

Pour finir, tenons-le pour dit : rapprocher sa vie de la vérité rend l’expression de la vérité plus facile. L’objectif devrait être de tendre de plus en plus vers cet idéal en assumant, au passage, chaque conséquence de nos paroles.

                                                                                                                                                                                                                       M. Z.

4 Responses

Add a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *