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LA LIMITE À NE PAS FRANCHIR

L’homme est multiple dans son essence.
Cette diversité, que l’on remarque dans les caractéristiques et les environnements humains, se reflète aussi dans nos seuils de tolérance, tant dans le corps que dans l’esprit.

Ainsi, certaines personnes supporteraient une douleur physique intense tandis que d’autres trouveraient la moindre égratignure insurmontable. Parallèlement, dans les relations, certaines personnes pardonneraient les pires trahisons tandis que d’autres ne toléreraient même pas un simple message tendancieux envoyé au sexe opposé.

Tout cela témoigne de la multiplicité et de la diversité de nos seuils de tolérance.

Toutefois, – autant la beauté est relative mais nous convenons tous que certaines personnes
possèdent une beauté qui s’impose à tous – est-il possible de définir un seuil universel au-delà duquel on ne devrait plus poursuivre une relation ?

La question est à la fois simple et délicate.

Simple en ce sens que nous connaissons globalement tout ce qui, en principe, cause la rupture ou la fragilisation d’une vie de couple. Le thérapeute de couple, Bob Taibbi, a identifié, dans les colonnes de Psychology Today, cinq comportements qui mettent à mal le couple et peuvent mener à la séparation : la dégénérescence des disputes, la multiplication des blessures, le déclenchement de blessures émotionnelles, l’accumulation de sentiments négatifs ainsi que le manque d’intérêts et de relations communs. L’entretien de rapports sulfureux avec des ex entre également dans cette catégorie.

Délicate, toutefois, dans la mesure où l’on peut clamer que l’on n’accepterait jamais ceci ou cela d’un partenaire. Mais, lorsque l’on se retrouve en situation, ce n’est plus aussi évident. On se dit parfois que l’on va accepter telle ou telle offense pour sauver la relation, pour les enfants, ou pour la dernière fois. Mais est-ce souvent la dernière fois ?

À quel moment peut-on réellement dire « c’est la dernière des dernières fois » ? Quelle est la ligne infranchissable ? Quel est le point de non-retour ?

Dans toutes les formes de relations, il est important de déterminer si l’on traverse une zone de turbulences ou si l’avion est irréversiblement sur le point de s’écraser.

Cette analogie de l’avion nous permet de déterminer le comportement à adopter. Lorsqu’il s’agit d’une zone de turbulences, on attache sa ceinture de sécurité et/ou on la serre bien. On arrête toute forme de distraction, on tient ferme, on garde son calme et on suit les consignes de l’équipage. On ne change pas de place et, encore moins, on ne quitte pas l’avion. L’avion avance, on sent des secousses, parfois longues, d’autres courtes, puis le calme revient.

Quitter l’avion à la moindre turbulence et s’attendre à ce que l’extérieur soit meilleur est un comportement hasardeux. Très souvent, l’herbe qui paraît plus verte chez le voisin cache des souffrances et des blessures insoupçonnées.

Toute personne connaît le seuil qui lui est permis. Cependant, plusieurs personnes s’accordent à dire que la violence physique dans un couple est l’ultime et unique chose qu’elles ne peuvent supporter.

En effet, la violence physique a ceci de particulier que la première fois est déjà de trop. Et pire encore, un homme qui violente une femme est souvent porté à le répéter. Le cercle vicieux de violence physique, excuses, pardon, calme puis violence physique à nouveau est extrêmement difficile à rompre. Souvent, c’est la mort ou la blessure grave de l’un des partenaires qui en cause la rupture. C’est en cela que certains soutiennent que leur ligne infranchissable est bel et bien la violence physique.

En somme, peu importe la raison ou la situation que vous choisirez comme point de non-retour, il est important d’en avoir, de le savoir clairement et surtout d’en aviser expressément son partenaire. En effet, dans un couple, chaque partenaire doit savoir ce qu’il ferait à l’autre pour le perdre de façon définitive et irréversible. Comme nous l’avions déjà explicité dans un article précédent, il s’avère être une condition sine qua non d’informer avant de condamner.

                                                                                                                                        M. Z.

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