Trio Ho

ENTRE FOI ET SANTÉ (2) : LE DILEMME D’UN HOMME

Ce texte s’adresse à un public qui a une certaine conscience et élévation spirituelles. J’avoue qu’il ne convient pas à tout le monde et son contenu pourrait paraître troublant pour certaines âmes. L’article est alors destiné à un public averti, car il peut heurter certaines sensibilités. Que chacun le reçoive avec discernement.

La première histoire (lien) parlait d’un corps qui dépérissait quand la foi reprenait sa place.
Celle-ci parle d’un cœur et d’une maison qui ne tiennent debout que grâce à une affection interdite.
Deux santés différentes. Un même dilemme intérieur.

Voici ce qu’un ami proche me racontait :

« Martial, on se connaît depuis longtemps. Tu sais que je suis un homme réglo, attaché aux principes, et profondément respectueux des valeurs familiales. Je suis marié depuis douze ans, j’aime ma femme, et mes deux filles sont ce que j’ai de plus précieux. Leur bonheur passe avant tout. De l’extérieur, ma vie semble stable et équilibrée.

Mais à l’intérieur… c’est une autre histoire.

Un soir, lors d’un souper entre amis, j’ai rencontré une femme. Fine, intelligente, pleine d’assurance. Rien d’alarmant ce soir-là : elle était avec son mari, j’étais avec ma femme. Une soirée normale.

Quelques semaines plus tard, je l’ai revue par hasard dans un Tim Hortons. Nous avons un peu discuté. Puis un peu plus. Puis très souvent. Au point où passer par ce café est devenu une habitude… peut-être même un prétexte. Nous avons fini par échanger nos numéros.

L’été dernier, nos chemins se sont recroisés à une autre soirée. Son mari était en vacances. Après la fête, je lui ai offert de la raccompagner. Rien de prévu, rien d’intentionnel… mais l’euphorie du moment a glissé vers un baiser. Pas la bise amicale : un vrai baiser.

Ce simple geste a ouvert une porte. Et derrière cette porte, il y avait l’adultère.

Et c’est là que le paradoxe a commencé.

Quand tout allait bien avec elle, j’étais un mari modèle : généreux, serviable, tendre, joueur avec mes filles, lumineux. Ma femme adorait cet homme-là.

Mais dès qu’un conflit surgissait avec mon amante, la maison devenait grise. Une blague de ma femme me vexait. Un jouet mal rangé me fatiguait. Je m’isolais, absent, tendu, le regard perdu sur mon téléphone à attendre un message… ou à tenter de réparer ce qui se brisait dehors.

Puis, au moindre apaisement avec elle, je redevenais l’homme que ma famille aime. Présent. Aimant. Heureux.

Notre foyer brillait — mais d’une lumière empruntée.

Je n’aimais pas cette dépendance. Je voulais que ma femme et mes filles soient mon centre, ma source, ma joie. Je priais, je jeûnais, je tentais de couper les ponts. Rien n’y faisait.

Il suffisait d’un message pour que mon cœur reparte. Et sans elle, tout s’assombrissait.
J’étais coincé dans un cercle vicieux :
Pour être un bon mari et un bon père, je puisais dans un fruit interdit.

Je savais que cette relation était adultère, coupable, dangereuse. Mais la couper signifiait devenir un homme terne, absent, presque étranger à ma propre famille.

Alors je me demandais :
Devais-je garder cette relation pour rester vivant à la maison ?
Ou y mettre fin, au risque de devenir un mari froid, vide, éteint ?
Ces questions me hantent encore aujourd’hui… »

À l’époque, j’avais tenté de le conseiller.
Aujourd’hui, comme dans la confession de la femme de la première partie, cinq questions s’imposent — douloureuses — mais nécessaires :

Que faire quand l’interdit donne la force d’aimer ceux qu’on devrait aimer sans condition ?
Faut-il choisir la fidélité au prix du vide, ou l’infidélité au prix de la paix intérieure ?
Comment être bon mari et bon père avec le cœur ailleurs, partagé, divisé ?
Peut-on construire un foyer avec une énergie puisée dans l’adultère ?
Que vaut l’équilibre familial s’il dépend d’une relation cachée ?

Ni lui, ni moi, ne détenons de réponse absolue.
Et je ne me place ni en juge, ni en maître.

Car lorsqu’on comprend les labyrinthes du cœur humain, on cesse de juger trop vite.

Le troisième article tentera d’explorer ces dilemmes, sans condamner, mais en cherchant à comprendre.

M. Z.

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