InShot_20220616_021915499

IL EST OÙ MON PROBLÈME ???

Nous nous réveillons le matin. Nous programmons notre journée. Nous sortons de chez nous. Nous pensons savoir où nous allons. Mais nous ignorons réellement où nous conduisent nos pas.

J’en vois déjà se dire « Mais il raconte quoi, Martial ? Quand je sors pour aller au travail, je vais réellement au travail et j’en reviens. » Oui, soit. En effet, tu vas au travail et tu en reviens, sain et sauf ; et je prie que Dieu continue toujours de bénir tes allers et tes retours.

Mais ce que nous ignorons, c’est tout ce dans quoi nous trempons de façon consciente ou inconsciente. En effet, en raison de la promiscuité que nous avons développée avec tel ou telle ou encore de la proximité que nous croyons avoir développée, sans réellement y penser, nous nous donnons le droit d’agir ou de nous exprimer sur la vie, le couple, le travail ou la famille de nos proches.

Et tout cela, nous le faisons sans nous poser une question que je qualifie d’existentielle « Il est où mon problème ? » 

Comme je le fais toujours, je vais prendre le temps de circonscrire mon sujet afin de définir précisément ce dont je parle ici. La question « Il est où mon problème ? » peut s’interpréter de plusieurs manières et conduire les gens à ne plus aider les proches.

On pourrait voir un ami victime d’un accident et se demander il est où notre problème et ne pas le secourir.
On pourrait remarquer qu’un couple ami a des problèmes d’argent et ne pas l’aider car cela n’est pas vraiment notre problème.
On pourrait observer qu’une amie prend une très mauvaise décision mais ne pas essayer de la faire fléchir car elle sera seule à en récolter les pots cassés.
Etc.

Voilà des situations en porte-à-faux avec le « Il est où mon problème ? » dont je parle ici. Tant et aussi longtemps qu’il est possible d’aider sans être intrusif, nous devons le faire. Je ne cesserai jamais de faire l’apologie du bien et du soutien.

Pour revenir à mon sujet, la situation est d’autant plus singulière lorsqu’il s’agit de couples desquels nous sommes proches. Miraculeusement, voire obsessionnellement, certains se sentent investis d’une mission salvatrice qui les pousse à aller se mêler des histoires qui ne les regardent pas, ni de près, ni de loin, ni même de très loin. Une chose à savoir est que les gens qui ne peuvent pas s’empêcher d’interférer avec les affaires des autres le font souvent parce qu’ils souffrent du vide de leur existence, lequel ils cherchent à combler de cette manière. Il s’agirait de femmes et d’hommes souvent désœuvrés qui ont une vie trop réglée et trop carrée sans la moindre source d’excitation ou de nouveauté. Il en découle nécessairement qu’il faudrait combler ce vide en s’incrustant dans des affaires ou des dossiers qui, a priori, n’ont aucun rapport avec eux. C’est un fait bien connu que la nature a horreur du vide, non ??

Cette démarche d’interférence se décline en deux étapes :

  • Chercher l’information : pour commérer, il faut bien avoir de la matière. C’est ainsi que ces personnes n’ont aucune gêne à chercher ou trouver les sources. Précisons, au passage, que parfois les informations parviennent aux personnes intrusives sans qu’elles ne les aient cherchées. C’est là toute la beauté de la loi de l’attraction !
  • Divulguer l’information : une fois l’information reçue, elles s’arrangeront à faire parvenir les informations aux personnes concernées sans se poser la bonne question : ‘’Il est où mon problème ?’’. C’est ici que le rôle de ces personnes s’assombrit. Messages textes évocateurs, appels fréquents, longs, insistants et imprécis, allusions bien calculées, lettres sournoises, tout rentre dans l’arsenal de ces personnes nocives.

En principe, le questionnement ‘’Il est où mon problème ?’’ englobe 3 prérequis fondamentaux des rapports que nous avons avec les autres :

  • l’opportunité : est-ce que ça vaut la peine que j’aborde ce sujet avec telle personne ?
  • l’utilité : est-ce que ça va l’aider ou lui nuire que j’aborde ce sujet avec elle/lui ?
  • la responsabilité : est-ce que je pourrais assumer de répéter les mêmes choses, de la même façon, devant tout le monde ?

Il s’agit là d’une validation que nous devons faire avec nous-mêmes chaque fois que nous prend l’envie d’aborder un sujet avec un proche. En effet, si ce que j’ai à dire ne vaut pas la peine d’être dit, ne va pas aider mon vis-à-vis et que, par-dessus tout, je ne suis pas assez outillé(e) ou responsable pour répéter les mêmes choses ailleurs, alors, pourquoi le dire ? Cesser d’avoir un comportement intrusif demande d’accepter l’autre dans sa différence, d’essayer de comprendre ses besoins sans toujours tout ramener à sa propre expérience. On peut aussi lui faire crédit sans l’infantiliser : il est majeur et doit apprendre à régler ses problèmes lui-même.

Pour finir, faisons attention à ce que nous entendons et à ce qui guide nos actes. Nous avons, cachées dans nos familles, nos frères, nos sœurs, nos collaborateurs, nos amis et autres, des personnes intrusives déguisées en anges.
A l’inverse de ce qui a été dit plus haut, nous devons nous protéger, défendre nos proches, préserver nos relations en faisant l’exercice contraire :

  • l’opportunité : est-ce que ça vaut la peine qu’il/qu’elle aborde ce sujet avec moi ?
  • l’utilité : est-ce que ce sujet est censé m’aider ou me nuire ?
  • la responsabilité : est-ce que cette personne pourrait assumer de répéter ces mêmes choses, de la même manière, devant mon conjoint, devant nos familles, devant nos amis ?

Certaines personnes ne savent pas surveiller leur comportement pour éviter d’interférer et de s’incruster. Elles ignorent comment rester en dehors d’une affaire, d’une conversation ou s’en retirer. Il faut les aider ; il faut les éduquer. En résumé, il faut les aider à se demander ‘’Il est où mon problème ?’’.

M. Z.

One Response

Add a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *