Ce jour-là, je venais de monter à bord d’un bus qui faisait Montréal – Laval. J’avais quitté l’arrêt du métro Sauvé et le bus devait me déposer plus loin à Laval. Peu après que je suis monté, un jeune homme est rentré et il a lancé un appel sur son téléphone intelligent. Sous peine de relater exactement leur discussion, je résumerais en disant que l’appel était destiné à sa partenaire. Il lui demandait de se hâter de venir à l’arrêt de bus car le bus y serait dans dix-sept (17) minutes. La jeune dame a semblé déconcertée et lui aurait répondu qu’il n’y aurait pas moyen qu’elle puisse y arriver à temps. Le gars lui a alors dit de se débrouiller pour se pointer à l’arrêt car il ne tolérerait aucun retard puis il a coupé l’appel en toute nervosité. Dix-sept minutes plus tard, le bus parvenait audit arrêt et voici la jeune dame qui est montée dans le bus. Elle ne semblait ni essoufflée, ni fatiguée. Elle a pris place à côté du jeune homme qui lui a demandé comment elle a fait pour arriver aussi vite. Elle lui a confié qu’elle n’a pas eu le choix que de demander un service à son ex qui travaille non loin de là et qui était disposé à lui rendre service. Je vous épargne le grabuge qui s’est ensuivi et la tournure qu’a prise cette sortie de ce couple.
Tout cet épisode m’a laissé perplexe et m’a fait réfléchir. Non seulement, je me suis demandé si toute vérité est bonne à dire, mais encore, j’ai réfléchi à une déduction que j’ai faite de leur échauffourée : le jeune homme semblait bien connaître la vie passée de la jeune dame et tenait en horreur cet ex, en particulier, et sûrement, bien d’autres fréquentations passées de la jeune dame. Je me suis posé la question de savoir s’il est utile de parler de son passé à son partenaire actuel.
Nous rencontrons sur notre passage, des gens qui ont des passés lourds et qui peuvent avoir eu des fréquentations douteuses au cours de leurs parcours. Certains partenaires, par amour, par intérêt ou par manque d’assurance, font leur le projet d’aller fouiller très loin dans le passé de leurs partenaires. Et cela arrive davantage avec les hommes. Les femmes, par nature, s’engagent par amour dans une relation donc elles ont peu d’intérêt à aller chercher qui leur partenaire a fréquenté. Pour certains hommes, le fait d’aller chercher dans ce passé en devient une obsession. Ainsi, iront-ils demander le nombre de partenaires que vous avez eus, l’âge auquel vous avez eu votre premier rapport sexuel, le nombre d’ex avec lequel vous êtes toujours en contact, le nombre de fois que vous vous écrivez, etc. Ça, c’est le côté très cartésien de l’homme.
La femme, quant à elle, elle a davantage le regard tourné vers l’avenir. Quand elle s’intéressera au passé de l’homme, ce sera notamment pour savoir la raison pour laquelle ceci n’a pas marché, ce qui vous a éloigné de telle ex, ce que l’autre aurait pu faire pour vous garder, etc. La femme, elle est dans la qualité, le ‘’comment…?’’ ; l’homme, il est dans la quantité, le ‘’combien…?’’.
Le piège dans lequel plusieurs femmes tombent est de penser que l’homme pose ces questions, comme elles, dans une perspective d’avenir. Or l’homme pose généralement ces questions pour établir le portrait de la femme qu’ils vont fréquenter. Méconnaissant cela, elles vont tout dire et même dans les moindres détails en négligeant des points très spécifiques et, par la même occasion, mettant en péril ou ruinant le devenir de leurs relations.
Ces détails sont :
- L’âge du couple : pour un couple qui vient de s’établir, il vaut mieux éviter ces discussions sur le passé et concentrer l’énergie sur ce qui vous rapproche plutôt qu’un passé qui vous éloignerait. Et même pour un vieux couple, il ne faut pas perdre de vue que le fait de narrer ses aventures passées s’apparente à une confession des infidélités antérieures. En conséquence, c’est également un sujet à aborder avec délicatesse.
- Le tempérament du partenaire : généralement, les hommes ont un tempérament plus chaud que les femmes. Et, s’agissant d’un homme super jaloux, le sujet des relations passées doit être discuté avec tact. En somme, si le partenaire est jaloux, à fleur de peau ou peu compréhensif, il vaudrait mieux laisser les ex là où ils sont.
Cela dit, il est important pour chaque personne qui se met en couple de comprendre que chaque individu a un passé et c’est pas ce qui fait de lui une mauvaise personne présentement. Notre histoire passée fait de nous qui nous sommes aujourd’hui mais ne détermine pas qui nous serons demain. Chacun se doit de respecter le passé de son prochain, de l’accepter car c’est ce qui fait de l’autre qui il/elle est à ce jour. Il s’agirait donc de converger les énergies pour consolider quelque chose de durable pour l’avenir. En d’autres termes, ton passé, c’est ton passé ; mon passé, c’est mon passé ; mais l’avenir, c’est notre avenir.
M. Z.

