Ce titre est inspiré d’une histoire vraie.
Nous étions dans un groupe WhatsApp. Un mini-groupe WhatsApp, je dirais ; le genre de groupe composé de quatre (4) personnes où tout le monde connaît tout le monde et même tout le monde connaît chez tout le monde. C’est dire à quel point la familiarité, la convivialité et le respect étaient de mise dans cet espace.
Un jour, alors que la décision avait été prise d’aller jouer au golf, il s’est fait que j’ai eu un empêchement. Je l’ai exprimé à la dernière minute et Ryan, le membre du groupe qui organisait l’activité, s’est emporté. Tout en vous épargnant les détails, notez que les échanges qui se sont ensuivis, tant de lui que de moi, ont été super durs, déplacés, inadéquats, inhabituels et complètement au-delà des bornes d’amitié, de respect et de famille dans lesquelles nous avions toujours évolué.
Cet épisode m’a poussé à m’interroger sur la vraie nature des gens :
« Le Ryan qui m’a laissé ces messages durs, était-ce vraiment celui que je connais ou c’était un autre ? »
« A-t-il envoyé ces messages en âme et conscience ou la situation l’avait-elle dépassé ? »
« Dois-je voir Ryan à travers le prisme de cet écart de langage ou dois-je me remémorer tous les échanges et contacts cordiaux que nous avons toujours eus avant cet épisode ? »
« En résumé, quelle est la vraie nature de Ryan : le Ryan que j’ai lu ou le Ryan que je connais ? Par ailleurs, s’agit-il du Ryan que je connais ou que je pense connaître ? »
Autant de questions aujourd’hui sans réponse.
Je réalise, en conséquence, que le questionnement sur la vraie nature comporte un intérêt double : préventif pour celui qui pose l’acte et curatif pour celui à qui l’acte est destiné.
D’un côté, le fait de s’interroger soi-même sur sa propre vraie nature avant de poser un acte nous met dans une posture d’auto-censure : ces mots que j’emploie, sont-ils dignes de moi ? Pourrai-je répondre de ce que je suis sur le point de faire ? Cet acte que je m’apprête à poser, est-ce qu’il m’élève ou me rabaisse ? Est-ce que ces mots m’honorent ou me déshonorent ? Mes valeurs intrinsèques sont-elles en conformité, en tout point, avec ce que je vais dire ou faire ? Est-ce que j’aurai le temps et l’énergie nécessaires pour résoudre ce problème si, par mon acte, cette situation venait à dégénérer ? L’image que je vais renvoyer par cet acte, est-ce mon vrai moi, ma vraie nature ? Etc. Si vous avez répondu favorablement à toutes ces questions, alors il s’agit d’un feu vert. Si vous hésitez sur une seule des questions, vous devriez peut-être analyser de nouveau votre comportement. C’est l’effet préventif.
De l’autre côté, le fait de vous demander si l’acte ou les mots qui vous sont destinés relèvent de la vraie nature de votre vis-à-vis vous emmène à vous positionner face à lui. Si vous trouvez que cela s’inscrit dans sa vraie nature ou relève d’une habitude, il serait peut-être temps d’aborder la question et faire observer le manquement afin de restaurer le respect dans la relation. Dans un contexte de récidive, votre réponse devrait être proportionnelle au préjudice subi. Si, a contrario, vous trouvez qu’il s’agit d’un cas isolé et que ce comportement offensant ou ces paroles blessantes trouvent leur origine dans une situation stressante ou troublante que votre proche vit, vous pourriez choisir d’ignorer la situation ou simplement vous limiter à mentionner l’offense subie.
Dans l’un ou l’autre des cas, vous ne devriez jamais garder le silence sur une situation qui vous a affecté.e émotionnellement. Cette peine que vous avez tue tuerait votre relation à petits feux et vous rongerait de l’intérieur. Vous ne devriez permettre cela sous aucun prétexte, ni en amour, ni en amitié, ni même au travail.
En somme, vivez en harmonie avec vous-même, avec vos valeurs, selon votre vraie nature et exprimez vos ressentis, quels qu’ils soient et envers qui que ce soit. Seul cela est le gage d’une vie épanouie.
M. Z.

