Dans la première partie de cet article, nous avons présenté et expliqué les différences qui existent entre votre bulle, votre cercle et votre monde.
Nous avons présenté la bulle comme la plus petite cellule à laquelle vos proches peuvent appartenir. Au maximum, deux ou trois personnes feront partie de votre bulle et vous n’aurez aucune gêne ou crainte à vous montrer sous votre vrai jour devant elles.
Le cercle contient un peu plus de personnes et rassemble votre équipe ou vos collaborateurs; c’est-à-dire des personnes qui jouent un rôle d’importance dans votre mission ou dans vos projets. Ils ont des attributs qui vous sont utiles.
Pour finir, le monde, c’est l’ensemble de toutes ces personnes qui vous admirent de loin, vous suivent ou interagissent très rarement avec vous. Ils ne jouissent pas du privilège d’un accès facile à vous.
La question essentielle à laquelle avait répondu le premier article, c’est comment s’assurer que nous gardons les bonnes graines.
Ce deuxième volet va encore plus loin car il répond à la question de savoir comment s’assurer que nous gardons les bonnes graines à la bonne place.
Dans la comparaison, nous avions compris que la bulle, c’est deux ou trois personnes. Le cercle, c’est une dizaine d’individus. Et le monde, c’est madame monsieur tout le monde que nous connaissons. Il s’agit d’un nombre pratiquement illimité.
Il existe un risque auquel s’expose toute personne qui prend conscience et initie cette classification : mettre la mauvaise personne à la mauvaise place.
Si une personne est censée être dans la bulle mais que vous la mettez dans le cercle, vous manquez de conseils personnalisés d’une personne qui aurait pu vous en donner et vous guider sans vous juger ou condamner.
Si, par contre, vous mettez dans le monde une personne qui a les habiletés d’appartenir à votre cercle, vous perdez une compétence utile qui aurait pu aider votre entreprise ou votre projet.
Dans la logique contraire, si vous prenez quelqu’un du monde et le gardez dans votre cercle, vous aurez sûrement un individu à la contribution légère et dont la présence ne vous apportera pas vraiment grand-chose.
Et si vous prenez un individu du cercle pour en faire un membre de la bulle, vous vous exposez à plusieurs grands dangers : vulnérabilité, vol de vos idées, trahison, pollution de votre espace vital, etc.
En fait, la composition de la bulle est, au-delà de tout, le sujet qui ne doit souffrir d’aucune hésitation et qui mérite le plus grand des sérieux. Il en va de votre stabilité, de votre efficacité et de la gestion à la fois de vos succès et de vos échecs.
Comment alors disposer les bonnes personnes aux bonnes places ?
La réponse à cette question interpelle vos attributs de leader et fait naturellement de vous un agent de ressources humaines. En d’autres termes, pour placer les bonnes personnes aux bonnes places, vous n’aurez pas d’autre choix que de « recruter » vos proches. Eh oui ! Le même recrutement qui demande des tests, des validations et des mises en situation.
Ce recrutement n’a rien d’administratif ni de formel, mais il demande une observation attentive, un jugement lucide et un apprentissage progressif. Il s’agit d’un processus où vous apprenez à connaître qui vous apporte réellement de la valeur, qui peut vous soutenir, qui respecte vos limites, et qui partage vos valeurs.
Voici quelques critères simples pour vous aider à décider à quel “niveau” placer une personne :
Bulle :
• Pouvez-vous vous montrer vulnérable, sans crainte d’être jugé ?
• Cette personne garde-t-elle vos secrets ?
• Vous soutient-elle dans vos moments difficiles, sans condition ?
• Ressentez-vous une confiance profonde et réciproque ?
Cercle :
• Collaborez-vous régulièrement ensemble ?
• Cette personne apporte-t-elle des compétences ou des ressources utiles à vos projets ?
• Pouvez-vous lui faire confiance, même si la relation est plus professionnelle ou réservée ?
• Partagez-vous des objectifs communs ?
Monde :
• Vous connaissez-vous peu ou superficiellement ?
• Les interactions sont rares ou indirectes ?
• Cette personne vous admire ou suit vos actions sans implication directe ?
• Le lien est peu engageant ou limité à une simple connaissance ?
Pour illustrer, j’ai moi-même découvert que plusieurs personnes initialement dans mon cercle méritaient d’être plutôt dans le monde, simplement parce que la confiance ou l’engagement faisaient défaut. À l’inverse, un vieil ami que j’avais un peu mis de côté est progressivement devenu un pilier dans ma bulle, grâce à sa constance et sa discrétion.
Gérer les mouvements entre bulle, cercle et monde
Il est important de comprendre que ces “placements” ne sont pas figés. Les relations évoluent, et il est normal que des personnes passent du monde au cercle, du cercle à la bulle, ou même inversement, en fonction des circonstances, des expériences et de la confiance bâtie.
Mais comment gérer ces mouvements ?
• Du monde au cercle :
Quand une connaissance commence à montrer un intérêt plus réel pour vos projets, proposez des échanges plus réguliers. Testez sa capacité à collaborer, à écouter et à contribuer. Si elle répond positivement, elle peut intégrer le cercle.
• Du cercle à la bulle :
Cette transition est plus délicate car elle touche à la confiance intime. Elle nécessite du temps, des preuves répétées de loyauté et une vraie complicité. Ce passage ne doit jamais être précipité, car la bulle est un espace fragile.
• Du cercle au monde :
Si vous sentez qu’un collaborateur n’apporte plus ce qu’il devait, ou que la confiance s’effrite, il peut être sage de réduire la proximité. Ce recul peut éviter des conflits ou des déceptions.
• De la bulle au cercle ou au monde :
Parfois, une trahison ou une déception vous oblige à exclure quelqu’un de la bulle. Cette décision est difficile mais nécessaire pour protéger votre équilibre. La personne peut alors rester dans le cercle ou même dans le monde, selon la situation.
Entretenir ces relations
Construire un réseau n’est pas un acte ponctuel, mais un travail continu. Il faut régulièrement vérifier la qualité de ses relations, exprimer de la gratitude, offrir son soutien, mais aussi savoir dire non.
• Dans la bulle, entretenez la complicité et la confiance par des échanges sincères et réguliers.
• Dans le cercle, maintenez des collaborations claires et constructives.
• Dans le monde, cultivez une présence respectueuse, sans pression ni attente excessive.
En somme, la gestion de vos relations, de la bulle au monde, est un art subtil qui mêle discernement, patience et humilité. En devenant un véritable “agent de ressources humaines” de votre vie sociale, vous maximisez vos chances de succès, d’épanouissement et de sérénité.
Acceptez que toutes les relations n’ont pas la même profondeur ni le même rôle. Faites le tri avec bienveillance, mais fermeté. Valorisez les bonnes graines aux bonnes places, et vous récolterez des fruits durables.
M. Z.

